Levothyrox : où en est-on ?

Il y a plus d’un an, Merck annonçait un changement de formule de son médicament Levothyrox, suite à la demande des autorités sanitaires. Ce changement a fait couler beaucoup d’encre et a déstabilisé beaucoup de patients. Le monopole du Levothyrox en France ayant aujourd’hui disparut, quelle est la réalité des consommations et des attitudes des malades ?

La fin d’un monopole

Début 2017, la France n’offrait qu’une seule spécialité en comprimé à base de levothyroxine, le Levothyrox. Même si une version gouttes buvables existait, elle était indiquée que pour les enfants et les malades ayant des problèmes de déglutition. Depuis la rentrée, le scandale -médiatique- de ce médicament a accéléré l’arrivée de nouvelles spécialités. Dans un premier temps, Euthyrox, spécialité allemande, avait été importé sur le territoire. Puis, L-Thyroxine Henning a suivi et obtenu son AMM en France, distribué par Sanofi. Thyrofix et Tcaps sont les derniers à compléter la panoplie pour lutter contre les problèmes de thyroïde. Avec de nombreux dosages pour chacun et parfois plusieurs conditionnements, le nombre de spécialité sur le marché est aujourd’hui impressionnant !

 Une consommation peu changée

Malgré toute la mauvaise publicité qu’à reçu le Levothyrox, ce dernier médicament est resté le plus consommé dans 89.8% des cas durant le dernier trimestre 2017. A fin 2017, d’après l’ANSM, 17 310 patients ont fait part d’effets indésirables pénibles ou insupportables, sur les 2,3 millions qui prennent la nouvelle formule. Même s’il y a eu beaucoup de « dérèglement » de thyroïde ou de peur, les patients ont majoritairement choisi de rester sur une spécialité connue.

Des traces de métaux lourds selon une association de patients

Tandis que l’Association française des malades de la thyroïde (AFMT) faisait état d'une étude montrant la présence de métaux lourds dans la nouvelle formule du Lévothyrox, la DGS rappelle que plusieurs analyses ont confirmé que la composition (teneur en principe actif, excipients) du Lévothyrox NF était conforme à celle mentionnée dans le dossier d’AMM. Selon la DGS, une autre étude menée en janvier 2018 montre la présence de métaux à l’état de traces dans tous les médicaments à base de lévothyroxine du marché, dont l’Euthyrox. Selon L’ANSM « la présence de traces métalliques dans des produits de santé ne représente pas en soi un défaut qualité ni un risque pour la santé dans la mesure où les concentrations sont inférieures aux seuils de sécurité établis par la communauté scientifique au plan international pour les médicaments ». À noter également, qu'une autre analyse réalisée en février 2018 a confirmé l’absence de butylhydroxytoluène (BHT) dans les comprimés de Lévothyrox nouvelle formule et d’Euthyrox.

Quel que soit le choix de la spécialité de levothyroxine choisie, elle fait l’objet d’une surveillance renforcée, appelée pharmacovigilance, et garantit la maitrise des effets. Seuls les échanges avec votre pharmacien et votre médecin peuvent garantir le bon usage des médicaments et les bonnes attitudes à adopter pour sa santé. Continuez à leur faire confiance !

Dr Xavier MOSNIER-THOUMAS